Page 27 - La pandémie de la COVID-19
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Pensée systémique, principes écologiques
et pratiques régénératrices : des éléments clés
pour rééquilibrer notre relation à la nature
Ginette RIOPELLE Les systèmes naturels se regénèrent et prospèrent en respectant plusieurs
principes écologiques. Nous pouvons apprendre de la Nature, développer
Ginette Riopelle, ing., Ph. D., est consultante une pensée systémique et appliquer les principes écologiques à chaque sphère
en efficacité énergétique et formatrice en d’activité humaine : ce faisant, nous mettons en place des systèmes basés sur
littératie écologique. Elle est également des pratiques « régénératrices » qui soutiennent la vie plutôt que la détruire.
membre du réseau de connaissances du
programme « Harmonie avec la Nature » des En 2016, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)
Nations Unies*. Ce programme vise à parta- rapportait que 75 % des nouvelles maladies infectieuses chez les humains sont
ger une vision du monde non anthro- des zoonoses, c’est-à-dire des maladies naturellement transmissibles des ani-
pocentrique tirée des enseignements maux aux hommes1. Plusieurs de ces zoonoses proviennent d’animaux sauvages
autochtones, afin d’opérer un changement qui peuvent contaminer les humains par l’intermédiaire d’animaux d’élevage
de paradigme, à savoir la volonté de passer ou domestiques. La maladie à coronavirus COVID-19 aurait, quant à elle,
d’une société centrée sur l’humain vers une été transmise de la chauve-souris à l’homme par le biais d’un pangolin, un
société centrée sur la Terre. animal braconné pour ses vertus thérapeutiques. Toutefois, la preuve de cet
intermédiaire reste à faire2.
* www.harmonywithnatureun.org
Dans son rapport, le PNUE établissait un lien entre les zoonoses et la dégra-
dation des écosystèmes attribuable à l’activité humaine. Tout ce qui cause
une plus grande proximité entre les humains et les animaux, tels l’empiètement
des activités humaines sur les habitats des animaux sauvages et la consom-
mation d’animaux sauvages, augmente le risque que des zoonoses soient
transmises aux humains. De plus, tout ce qui réduit la résistance des animaux
aux pathogènes et qui les rend ainsi plus vulnérables à ces zoonoses, tels
les changements climatiques, les conditions d’élevage industriel, le manque
de diversité génétique dans ce type d’élevage et un déclin généralisé de la
diversité dans la faune, augmente également ce risque.
Plus récemment, en mai 2019, la Plateforme intergouvernementale science-
politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) nous rap-
pelait qu’il est possible de changer la trajectoire de destruction de la Nature
dans laquelle l’humanité est présentement engagée en restaurant la Nature
grâce à des solutions durables3. Toutefois, les structures économiques et
griopelle@perenne.ca 1. « Issues of Environmental Concern – Zoonoses : Blurred Lines of Emergent Disease
and Ecosystem Health », UNEP Frontiers 2016 Report, https://www.unenvironment.
org/resources/emerging-zoonotic-diseases-and-links-ecosystem-health-unep-frontiers-
2016-chapter
2. Département de la communication globale de l’ONU, « L’ONU s’active pour cerner
l’origine de la COVID-19 et prévenir les zoonose », https://www.un.org/fr/
coronavirus/articles/exploring-COVID-19-origin-to-prevent-zoonoses, consulté le
11 octobre 2020.
3. Plateforme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques. The Global Assessment Report on Biodiversity and Ecosystem Services. Eduardo
S. Brondizio et al. (sous la dir. de) (Bonn, Secrétariat de la plateforme intergouvernementale
science-politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, 2019).
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