Page 12 - La pandémie de la COVID-19
P. 12

La nature est complexe. La biodiversité et le climat sont            processus s’accélèrent, et les événements extrêmes, de
en interaction dans la mesure où les modifications du                fréquence centennale, vont devenir progressivement
climat, avec sécheresses, canicules ou... pluies diluviennes,        annuels. On s’attend à une baisse des rendements agricoles
influent sur la répartition, et parfois la survie, de certaines      dans les zones chaudes, à une augmentation des problèmes
espèces ou au contraire sur leur prolifération (moustiques           sanitaires, telle la pandémie de COVID-19, et à un accrois-
par exemple). Les grandes atteintes aux écosystèmes,                 sement des migrations. Chaque année maintenant,
comme la destruction de la forêt amazonienne, influent               d’innom­brables incendies se multiplient sur toute la pla-
aussi sur le climat4.                                                nète en relation avec les périodes très chaudes et très sèches.

De nombreux humains n’ont jamais aussi bien vécu que                 Après 50 ans d’aménagement un peu anarchique de nos
maintenant, au moins dans les classes moyennes et supé-              territoires et de prolifération des transports routiers, aériens
rieures des pays développés, que ce soit pour la nourriture,         et maritimes, il faut en priorité restreindre l’usage des
les déplacements, la santé ou les loisirs5. C’est pourquoi           produits pétroliers. La question de la taxation de l’énergie
nous ne sommes pas prêts à renoncer à ces éléments de                se pose, en France, depuis… 1928, et la taxe carbone a été
confort et que nous restons si timorés face aux menaces.             décidée en 1997 avec bien des tergiversations depuis9.
Nous devons d’abord nous interroger sur notre propre
mode de vie. Nous voudrions nous rassurer en posant                     Restaurer la biodiversité
quelques écogestes individuels simples, mais chacun
pressent que le mal est plus profond et nécessite des actions        La pandémie de la COVID-19 nous a instruits sur les liens
politiques fortes.                                                   entre la réduction drastique des milieux naturels et le déve-
                                                                     loppement des virus, c’est pourquoi les mesures de sauve-
Les comportements individuels sont déterminants, mais                garde des écosystèmes en vigueur doivent être renforcées.
insuffisants. Alors que nous sommes confrontés à davantage           C’est un préalable indispensable pour revenir à un monde
de catastrophes naturelles, on constate que la capacité              plus juste, soutenable et résilient après la COVID-19. Les
d’antic­ ipation reste faible et que les réponses ne sont pas au     modifications du climat ont déjà des répercussions sur la
niveau souhaité6, comme l’a démontré la COVID-19.                    biodiversité, s’ajoutant aux interventions humaines directes.
Les gouvernants peinent à se remettre en cause, restant              Nous vivons actuellement un phénomène exceptionnel
trop à l’écoute des groupes de pression. Il faut aller plus loin     avec la sixième extinction des espèces10.
dans la remise en cause de notre système économique.
                                                                     La nouveauté, par rapport aux extinctions précédentes,
Nous sommes au seuil de l’effondrement de notre civili-              c’est que le phénomène concerne des espèces communes
sation industrielle, ce dont nous sommes tous respon-                et s’accélère sur quelques décennies, au lieu de quelques
sables7. Grâce à la résilience dont nous saurons faire preuve,       siècles ou millénaires.
c’est un nouveau monde qui doit commencer. Voici
quelques orientations possibles.                                     Les cinq crises antérieures étaient dues à des cataclysmes,
                                                                     alors que cette fois-ci, c’est l’espèce humaine qui en est la
   Reconstituer le climat                                            cause, du fait de la surexploitation des ressources comme la
                                                                     surpêche, l’urbanisation, les pollutions et les modifications
Nous sommes en urgence climatique8, et en conséquence                climatiques.
de la fonte des glaces, le niveau de la mer devrait augmen-
ter, selon les hypothèses, de 80 cm en moyenne d’ici 2100,           De fortes menaces pèsent sur le plus grand récif corallien
menaçant environ 700 millions de personnes dont beau-                du monde, la Grande Barrière australienne, où l’aug­
coup sont dès maintenant concernées. Dès maintenant les              mentation des températures et l’acidification des océans
                                                                     mettent en péril les espèces de coraux, de poissons et
 4.	 https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/bresil-la-destruction-  de mollusques11.
       de-la-foret-amazonienne-proche-du-point-de-non-retour-
       1226260                                                        9.	 https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxe_int%C3%A9rieure_de_
                                                                            consommation_sur_les_produits_%C3%A9nerg %C3%A9tiques
 5.	 https://www.inegalites.fr/Comment-evoluent-les-revenus-
       des-riches-des-pauvres-et-des-classes-moyennes                10.	 http://www.michel-lerond.com/2017/09/vous-avez-dit-
                                                                            extinction.html
 6.	 https://www.encyclopedie-environnement.org/societe/
       catastrophes-naturelles-environnement-menace/                 11.	 http://www.michel-lerond.com/article-17064366.html

 7.	 http://www.michel-lerond.com/2019/10/collapsologie-ou-
       resilience-1/2.html

 8.	 http://www.michel-lerond.com/2017/10/vite-un-etat-d-urgence-
       climatique.html

       12 LIAISON ÉNERGIE-FRANCOPHONIE
   7   8   9   10   11   12   13   14   15   16   17