Page 39 - La pandémie de la COVID-19
P. 39

Mais au-delà de ces dispositifs de financement existants        Mais la réussite de cette transition ne pourra pas se faire
il est primordial que les projets de développement durable      sans une gouvernance exemplaire. En effet, l’Afrique
puissent répondre aux attentes de ces nouveaux investis-        post-COVID-19 devra être plus durable et s’appuyer sur
seurs potentiels qui attendent tout de même des rende-          une gouvernance et un cadre législatif et institutionnel
ments sur le capital investi, d’où l’importance de la           propice au développement de projets durables et en faveur
bancabilité des projets tels que les projets d’infrastructures  de la lutte contre le réchauffement climatique.
durables (projets d’énergies renouvelables, d’infrastruc-
tures de santé, d’éducation, etc.) qui seront présentés aux     En effet, une bonne gouvernance et un cadre institution-
différents investisseurs. En effet, aujourd’hui sur le conti-   nel propice aux affaires et encourageant l’entrepreneuriat
nent africain, le problème majeur du financement des            constituent un préalable pour une croissance durable et
projets réside avant tout dans l’absence sur le terrain de      davantage inclusive. Cela nécessite l’amélioration des
propositions de projets bancables7 qui allient sécurisation     capacités du secteur public, tant dans le processus d’éla-
légale, sérieux technologique, équilibre financier et cer-      boration des projets et de mise en œuvre des décisions que
tification dans le champ des ODD capables de répondre           dans l’allégement des freins réglementaires. Il s’agit par
aux attentes des différents investisseurs, attentes qui         exemple de définir et de mettre en place un système de
peuvent parfois différer selon que l’on soit du secteur         suivi des actions par type d’acteur. Cela permettra de
public ou privé. C’est pourquoi des organisations non           mieux définir les priorités relatives aux préoccupations
gouvernementales telles que le R208 se développent afin         environnementales, sociales et climatiques et de consolider
de lever ces verrous.                                           l’engagement de l’ensemble des parties prenantes.

On notera d’ailleurs que les investissements avec impact        De même, il est nécessaire d’effectuer un « choc de sim-
(c’est-à-dire les investissements qui allient explicitement     plification » du cadre administratif et réglementaire. Il
retour social et rendement du capital investi) n’ont cessé      conviendrait de développer une fiscalité encourageante
d’augmenter ces dernières années9 même s’ils n’atteignent       en faveur des projets de développement durable. Il serait
toujours que 114 milliards de dollars. Ces investissements      tout aussi important de renforcer les compétences des
s’articulent le plus souvent autour d’un financement dit        territoires pour favoriser la décentralisation de la mise en
« mixte », qui allie investisseurs publics et privés. Ce type   œuvre de la transition énergétique. Cela peut passer par
de financement est particulièrement répandu sur le conti-       (i) la favorisation de la production d’énergie renouvelable,
nent africain et permet de déployer des projets d’infra­        notamment à l’échelle régionale, en visant l’autonomie
structures. Le financement mixte permet ainsi aux               énergétique des zones non interconnectées, (ii) la conso-
gouvernements d’utiliser des fonds publics pour lever des       lidation d’une vision complète des problématiques éner-
capitaux privés, en partageant les risques et les rende-        gétiques des territoires et des infrastructures de distribution
ments, tout en continuant de promouvoir des objectifs           d’énergie existantes et (iii) la mise en place des politiques
sociaux, environnementaux et économiques nationaux              de soutien adaptées au degré de maturité et de compéti-
dans des domaines d’intérêt général axés sur les ODD            tivité des différentes filières. 
par exemple.

  7.	 L’autre problème de financement majeur réside dans les classements                                         39
       opérés par les agences de notation qui excluent automatiq­ uement
       les pays mal positionnés de l’attrait d’investisseurs potentiels.

  8.	 Le R20 est une coalition de gouvernements infra-étatiques
       (comprenons par là les régions, provinces, wilayas, métropoles),
       de compagnies privées, d’organisations multilatérales et interna­
       tionales, d’ONG, établissements d’enseignement et d’investisseurs
       publics et privés. Le R20 accompagne les territoires dans la
       définition, l’élaboration, la bancabilité et la sécurisation financière
       de leurs projets d’infrastructures à faibles émissions de carbone
       et résilientes au changement climatique tout en contribuant aux
       Objectifs de développement durable, du fait de leur haut niveau
       de retombées sociales. https://regions20.org/

 9.	 https://thegiin.org/assets/GIIN_AnnualImpactInvestorSurvey_
       2017_Web_Final.pdf

La pandémie de la COVID-19 : une opportunité pour développer des sociétés plus durables, justes, et résilientes
   34   35   36   37   38   39   40   41   42   43   44